Visuel
vidéo sur téléphone
La vidéo pour vulgariser les savoirs
Objectif détaillé

- Se familiariser avec les codes des nouveaux médias sociaux
- En faire une analyse
- Se confronter aux règles d’écriture, le langage et du droit à l’image

Public visé/niveau
Collégiens, lycéens
Matériel
  • Tablettes ;
  • Accès à Internet ;
  • Vidéo projecteur ;
  • Paperboard ou tableau blanc ;
  • Cartes d’animation : cartes persona et carte sujet.
Moyens humains

 2 groupes de 4 / Un médiateur

Durée
3h
Auteur
Marie-Laure de Capella; Agnès Defrance
Compétences mises en œuvre
  • Savoir analyser les médias, presse ou médias sociaux, et leurs enjeux ;
  • Savoir produire et publier une information en fonction du contexte et du public visé ;
  • Savoir appréhender les enjeux de citoyenneté liés à l’information et au numérique ;
  • Connaître les règles juridiques du droit d'auteur et des droits voisins à l’ère du numérique
Description
  • Séquence 1 (40’) : analyse d’une vidéo sur YouTube.

Présentation de l’atelier, tour des participants pour sonder leurs pratiques face à la vidéo en ligne : intense, mesurée, sur quelle plateforme ? Dans quel but ?

Visionnage d’une vidéo préalablement sélectionnée par le médiateur en fonction du public et à partir de la sélection des youtubeurs vulgarisateurs (cf. Encadré). Les participants sont invités à réagir sur ce qu’ils ont vu et entendu.

Dans un deuxième temps, les commentaires se structurent autour de plusieurs notions identifiées : la durée, le ton, la rapidité, les incrustations, le rythme, le décor, le ou les personnages. Les réponses sont inscrites sur un tableau.

Question : Quels sont les éléments qui permettent de dire que cette vidéo est de la vulgarisation des savoirs ?

  • À la fin de cette séquence, les participants regroupent les mots du tableau pour rédiger les caractéristiques de ce type de vidéo. Ces caractéristiques devront se retrouver dans leur propre réalisation. La consigne et les contraintes sont données aux participans.

[Point de vigilance] : Chaque séquence est minutée. Il est important de respecter ce temps, cela constitue une contrainte qui entre dans le processus de création. On peut afficher un chronomètre sur l'écran. Exemple : https://www.chronometre-en-ligne.com/ ; https://webhorloge.fr/chronometre/

  • Séquence 2 (10’) : constitution des groupes et choix des sujets à réaliser.

Chacun tire une carte avec une couleur différente (groupe) sur laquelle est décrit un rôle donné (rédacteur en chef, journaliste, rédacteur, orateur). Le médiateur explique à chacun son rôle dans la réalisation de la vidéo. Il insiste sur le travail collectif et collaboratif.

Le rédacteur en chef : Il est maître du temps, il distribue les tâches, la parole, départage les opinions contraires. Il veille à ce que chacun effectue sa tâche voire aide les participants à chaque étape. Il travaille avec l’orateur sur sa présentation. Par ailleurs, vu le format de l’atelier, Il veille à la structure d’ensemble de la vidéo comme s’il en était le réalisateur.

Le journaliste : Il effectue les recherches, sélectionne avec l’aide de ses camarades les points importants dans chaque document, extrait des mots-clés, des expressions dont ils pourront se servir dans la captation finale.

Le rédacteur : C’est lui qui consigne les informations dans le storyboard, il veille à l'enchaînement des différentes informations, au rythme attendu.

L’orateur : C’est celui qui joue le rôle devant la caméra. Il travaille avec le journaliste et le rédacteur en chef sur le texte qu’il aura à dire. Il veille à trouver la bonne mise en scène. Celle-ci devra reposer sur lui sans effacer les informations à transmettre.

[Point de vigilance] : Le youtubeur endosse tous ces rôles à la fois. Il s’agira en fin d’atelier de faire comprendre aux participants l’importance de chaque rôle et le travail du youtubeur qui n’est pas juste un orateur devant une caméra.

A la fin de la séquence, le rédacteur en chef tire au sort une carte sujet[I1] . Les sujets évoluent en fonction de l’actualité et du public et sont laissés à la libre appréciation du médiateur.

  • Séquence 3 (1h30) : Construction d’un storyboard
    • Prise en main du sujet : brainstorming, répartition des tâches ;
    • A partir de plusieurs documents sur le sujet, mis à disposition par la bibliothèque (pages web, articles de presse, extraits d’ouvrages, photographies, podcasts, vidéos), les participants sélectionnent les informations importantes et choisissent un point de vue pour décrypter l’information.

[Les 3h de temps de cet atelier ne permettent pas de proposer aux participants une recherche d’information. Cette étape peut faire l’objet d’un autre atelier.]

Durant cette séquence, le rédacteur en chef s'assure que le temps est tenu, vérifie les orientations et demande une aide, si besoin, à l’animateur.

Il est ici important de faire comprendre l’importance d’un plan précis dans lequel viendront se raconter toutes les informations retenues.

  • A la fin de cette séquence, les participants auront repris les éléments caractéristiques des vidéos de vulgarisation pour les adapter à leur sujet. Ils auront sélectionné leurs informations et rédigé le texte lu par l’orateur.
  • Séquence 4 (20’) : On tourne !

À l’aide d’une tablette. Le tournage se fait si possible en une seule prise et en plan séquence, ce qui évitera le montage a posteriori - mais dans le respect du storyboard. Durant cette séquence, les participants bénéficient de l’aide de l’animateur selon qu’ils sont novices ou experts.

[Point de vigilance] : Dans le cadre de cet atelier les vidéos ne sont pas destinées à une diffusion. Les participants utilisent une tablette de la bibliothèque. Dans le cas où l’on souhaite diffuser la vidéo, il faudra être attentif au droit à l’image et aux autorisations de captation.

  • Séquence 5 (30’) : Retour sur la séance

Où l’on voit si la réalisation d’une vidéo à la manière de, leur a permis de comprendre les codes et les enjeux de la diffusion de vidéos sur une plateforme ; et l’exigence d’écriture et de langage qui caractérise le fait de vulgariser un propos. On soulignera la différence entre le plan séquence du tournage et les vraies chaînes : la plupart des youtubeurs incrustent des images fixes et ou animées dans leurs présentations.

    • Retour sur le travail effectué, comment chacun s’est emparé de sa ou ses tâches, difficultés rencontrées, travail en équipe. Ici revenir sur le travail parfois solitaire des youtubeurs à partir de témoignages. Chaque rôle endossé et chaque action contribue au processus de création et au résultat final ;
    • Visionnage des vidéos réalisées ;
    • Retour comme cela avait été fait pour la vidéo YouTube (séquence 1) : dire ce que l’on a vu et entendu avec un regard ouvert et critique en distinguant le retour de ceux qui ont fait la vidéo et de ceux qui la voient pour la première fois.
    • Reprise des caractéristiques citées sur le paperboard : avez-vous utilisé ces éléments ? Si non, pourquoi ? Lesquels vous paraissent essentiels dans la transmission de l’information ?
    • Poser la question : en quoi cette vidéo est-elle une vidéo de vulgarisation ?

 

VARIANTES :

Une première variante se fera sur les sujets à piocher et sur les documents distribués aux participants, allant vers des documents scientifiques et techniques à l’Université alors que nous proposerons des articles de vulgarisation ou issus de la presse en collège et en lycée.

Cet atelier peut se poursuivre par des ateliers de réalisation de vidéo avec l’usage d’images ou de textes incrustés qui viendront structurer le discours. Dans ce cas prévoir dans le jeu de rôle un graphiste qui aura à effectuer des recherches d’images libres de droit. Il faudra également prévoir un atelier spécifique au montage pour lequel une approche critique du droit d’auteur et du droit à l’image sera mise en place.

Références bibliographiques

  • Armelle Vincent, Cécile Chaniot et Maëlle Lapointe, « Les 15-25 ans et les YouTubers scientifiques », In : Ipsos, février 2020. [En ligne]

< https://www.ipsos.com/fr-fr/les-15-25-ans-et-les-youtubers-scientifiques >

< http://journals.openedition.org/map/341 >

 Encadrés :

Préparation en amont :

[Plusieurs versions de cet atelier peuvent être proposées selon que l’on traite d’un fait d’actualité, historique ou scientifique]. Le choix orientera la préparation en amont notamment sur le choix des sujets et du corpus d’étude.

  • Sélection de vidéos de youtubeurs (cf. encadré : Sélection subjective de youtubeurs vulgarisateurs) ;
  • Sélection de sujets en lien avec le type de vidéo retenue ;
  • Sélection de documents sur le sujet offrant une diversité d’approches si possible et une diversité de sources ;
  • Création de cartes d’animation papier.

 

Sélection subjective de youtubeurs vulgarisateurs :

  • Hugo décrypte : chaîne d’Hugo Travers, jeune homme d’une vingtaine d’années. Créée en 2015, la chaîne compte aujourd’hui 1,6 millions d’abonnés ; public jeune qui se détourne des médias traditionnels mais s’intéresse à l’actualité.
    Credo : résumer l’actualité en moins de 10 minutes. Chaque jour il s’efforce de rendre l’actualité claire et abordable par tous. Le youtubeur décline son concept sur Twitter et Instagram.

https://www.youtube.com/channel/UCAcAnMF0OrCtUep3Y4M-ZPw

  • Nota Bene : chaîne de Benjamin Brillaud, trentenaire. Créée en 2014, la chaîne compte aujourd’hui 1,5 millions d’abonnés. Un public jeune mais également des enseignants qui n’hésitent pas à se servir de ces vidéos pour l’ouverture de leurs cours.
    Credo : une autre façon de raconter l’histoire !  https://www.youtube.com/channel/UCP46_MXP_WG_auH88FnfS1A

 

  • Scilabus : Viviane Lalande, enseigne la vulgarisation à l’université polytechnique de Montréal. Créée en 2013, la chaîne a aujourd’hui plus de 230 000 abonnés. Dans l’univers des youtubeurs scientifiques, elle fait figure d’exception dans un milieu majoritairement masculin.
    Credo : chaîne de vulgarisation scientifique où on se laisse guider par la curiosité. Expériences, découvertes et explications pour avoir un autre regard sur la science !
  • https://www.youtube.com/channel/UCeR8BYZS7IHYjk_9Mh5JgkA

 

 

  • La tronche en biais : Vled Tapas et Thomas C Durand. Créée en 2014, la chaîne se consacre à la zététique ou l’art du doute, la construction de l’esprit critique, au biais cognitifs.
    Credo : Vled et Acermendax vous présentent l'émission consacrée à l'esprit critique et à la zététique. Préparez-vous à être cognitivement affutés.
  • https://www.youtube.com/channel/UCq-8pBMM3I40QlrhM9ExXJQ

 

  • Zestes de science : Chaîne créée par le CNRS en 2017 ; chaîne de vulgarisation scientifique, toutes thématiques ! Elle décrypte l’actualité de la recherche à partir des images produites par les scientifiques.
    Credo : la série Zeste de Science décrypte, avec une pincée d'humour et une dose de rigueur, les recherches actuelles, en s'appuyant sur les publications scientifiques et sur les images fascinantes. https://www.youtube.com/channel/UCAxljKT0ujiJZhGC8Ood7mw